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Histoire de l’arc

 

 

Le premier véritable instrument construit par l’homme est sans doute l’arc, qui l’a accompagné tout au long de son évolution.

Son utilisation sportive, remonte elle aussi très loin dans l’histoire humaine, où l’arc n’était pas seulement une arme de chasse,( méthode moins dangereuse d’approche du gibier car on pouvait tirer de loin), mais où l’on s’en servait lors de compétitions et diverses rencontres au cours desquelles nos ancêtres passionnés rivalisaient de précision et d’adresse.

Gardons à l’esprit que l’arc était la première épreuve des JO sous l’antiquité, que l’on continue encore à célébrer tous les 4 ans, mais où il n’occupe aujourd'hui qu’une très mince place, et ce depuis 1972, après une longue interruption de 62 ans.

Il est très probable que la première apparition de l’arc sur terre , se soit faite simultanément en divers endroits du globe, très éloignés les uns des autres. Certains scientifiques situent cette apparition vers la fin du paléolithique, il y a environ plus de 20 000 ans.
&Des peintures rupestres représentent des arcs et des flèches, dans une grotte du Valltorta, en Espagne.


Il ne nous reste hélas aucun vestige de ces premiers arc en bois, si ce n’est que les pointes en silex des flèches.
Les arc composites du néolithique, étaient en corne et tendons d’animaux recouverts de peaux. Les arcs courts étant plus faciles à manier à cheval ou sur un char, alors que les arcs longs convenaient mieux pour atteindre des cibles lointaines, depuis un camp fortifié.
L’arc arme de guerre, a entraîné la naissance et la chute d’empires.
Les tombes des anciens égyptiens ont révélé des arcs pour lesquels diverses essences de bois furent employées: cerisier, acacia, frêne, bouleau. Vers 3500 av jc, ils furent les premiers à s’en servir comme arme de guerre principale; les arcs avaient la taille des archers, et les pointes des flèches étaient en silex ou en bronze.

Vers 1800 AC, les Assyriens introduisirent un nouveau type d’arc court et recourbé, fait de cuir, corne et bois ; modèle plus puissant que le grand arc égyptien, et facile à maneuvrer depuis un cheval, ce qui leur donna une suprématie d’un temps au moyen orient, où s’employait aussi le bambou et le mûrier.

L’arc assura ainsi la suprématie du moyen orient pendant des siècles, servant à repousser les occidentaux avec succès.
Au début de notre ère chrétienne, les soldats romains se servaient de l’arc de façon tout à fait inefficace , tirant la corde vers la poitrine, au lieu de la passer sur le côté du visage, et furent ainsi surpassées par les Parthes d’asie, dans ce domaine.
Mais le bois le plus noble, et le plus efficace reste l’if(taxus baccata), qui est encore en usage aujourd'hui, d’où le nom toxophilie(pratique et science du tir à l’arc) issue du grec ancien « toxon » pour l’if.
Les turcs utilisaient aussi un arc recourbé, représentant une nette évolution technique, qui est encore employé de nos jours. Ils repoussèrent ainsi les croisés, grâce à cette nouveauté, et à une meilleure technique de tir.
La seconde courbure partant du point où est insérée la corde, permet un développement de puissance supérieure, d’ailleurs en service sur nos arc à poulies modernes.

Au XI siècle, les Normands de Guillaume le conquérant, ajoutèrent à leur avantage tactique, un arc long qui joua en 1066, un rôle essentiel dans leur victoire contre les anglais à la bataille d’Hastings, où ces derniers abandonnèrent leur arc saxon, plus fragile et moins précis, pour adopter le grand arc "Longbow".


Les anglais se sont longtemps servi du fameux arc droit simple, le Longbow, dont l’illustration la plus connue est celle de Robin des bois, le justicier de la forêt de Sherwwod, ainsi que d’autres ballades médiévales témoignant du développement de l’arc long.

 

 

 

 

 

 

 

Les batailles de Poitiers, Crécy et Azincourt (fin du Moyen-Age) restent aussi célébres, par la domination des archers anglais armés du longbow ( capables de tirer au but 12 fléches à la minute) sur la cavalerie lourde, et les arbalétriers français, pourtant bien supérieurs en nombre , mais à la mobilité et à la cadence de tir bien plus réduite! On disait alors qu’un archer anglais portait la vie de 12 hommes , dans son carquois !

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment ne pas aussi citer les Mongols parmi les plus habiles archers du passé, avec leur arcs courts sur leur chevaux galopant, ils atteignaient leur cible avec une extrême précision, en tous sens, et conquirent ainsi une grande partie de l’Europe, et le plus grand empire qui soit au monde, sous le règne de Gengis Khan.

 

Bien qu’au XVI siècle l’utilisation de l’arc en tant qu’arme de guerre déclinât rapidement après l’invention des armes à feu, le tir à l’arc suvécut cependant comme sport de compétition.
En Angleterre, l’ancien "scorton silver arrow contest" tournoi qui existe toujours, eut lieu pour la première fois, en 1673 dans le Yorkshire.

Les femmes furent admises dans les confréries d’archers à partir de 1787.

Au niveau associatif, le plus ancien club de tir à l’arc connu, est le Gran SERMEU ROYAL DE ST SEBASTIEN, créé en 1381 à Bruxelles à des fins militaires, il s’est peu à peu tourné vers le sport au fil du temps !
Autre grand et ancien club européen, Le Royal TOXOPHILITE SOCIETY DE LONDRES, en exercice depuis 1787.

Nos souvenirs d’enfance nous évoquent aussi ces Peaux-rouges, les indiens du far West et des Westerns, dont les arcs en bois , corne , os et tendons furent en usage jusqu’à la fin du 19ème siècle. Variant selon les tribus, leur niveau technique et leur efficacité n’étaient pas terrible, mais les tireurs étaient d’une habileté remarquable. Leurs arcs de faible puissance les obligeaint à s’approcher des proies pour mieux les atteindre. Certains chassaient à cheval, d’autres se cachaient à l’affût dans les zones boisées.

 

 

 

 

 

 

Par la suite les colons européens apportèrent en Amérique du nord leur connaissance sur l’archerie, en popularisant le tir sur cible, et ainsi naquit le premier club américain à Philadelphie en 1828.

L’intérêt pour le tir à l’arc, grandit curieusement aux USA, avec la guerre de sécession.
Après leur victoire, les nordistes interdirent l’usage des armes à feu aux anciens soldats sudistes.
Des indiens de Floride enseignèrent le tir à l’arc d’abord pour la chasse, à deux vétérans de l’armée sudiste vaincue, les frères Thompson, Will et Maurice. Celui–ci écrivit un livre qui aida à répandre la pratique du tir à l’arc dans son pays "The Witchery of Archery" (l’envoûtement de l’archerie).

Aux premiers JO modernes, en 1900 à PARIS, le tir à l’arc (re)devient pour la première fois discipline olympique, décision légitime, puisque Hercule, le créateur mythique des antiques olympiades, était lui-même archer.


La FITA, fédération internationale de tir à l’arc, fut créée en Pologne, dans les années 30, pour remédier à la trop grande diversité des règlements nationaux propre à chaque pays.

Jusqu’à une époque récente, environ les années 1950, le bois a été le seul matériau de fabrication des arcs. Il y en eu de toutes les formes, très soigneusement fabriqués relevant plus d’un objet de collection, que d’une arme de tir. Certains modèles possèdent des encoches de corde en os finement sculptés, véritables œuvres d’art.

Mais la beauté des meilleures qualités de bois, ne peut hélas pas faire oublier ses principaux inconvénients : il ne peut garantir un bon niveau de précision qu’à distance assez faible, l’arc monobloc est difficile à transporter, car non démontable, et il est aussi sensible aux variations atmosphériques, perdant ainsi de ses qualités, selon la météo !
Les anciens archers devaient donc avoir au moins deux longbow, l’un pour «reposer» l’autre !
La seconde moitié du 20eme siècle vit ainsi l’apparition des arcs en acier, et ce, durant une vingtaine d’années. Certains autres modèles, anticipant l’actuel « take down » étaient démontables, permettant de séparer les branches de la poignée.
Apparurent ensuite les modèles en fibre de verre, puis l’insertion de bois dans la fibre, façon sandwich, procédé se révélant satisfaisant tant en efficacité qu’en longévité, tout en reprenant le système turc à double courbure des branches, vieux de plusieurs siècles, qui permet aussi un agrandissement de la fenêtre d’arc, évitant ainsi le contact de la flèche sur le corps de l’arc, lors de la décoche.
Afin de limiter les vibrations et le mouvement de l’arc, on fit appel à diverses techniques :
Poids à l’intérieur de la poignée, stabilisateur remplis de mercure, et lestage des flèches.

Ce n’est que dans les années 1970, que l’on peu vraiment assister a la création de l’arc de nouvelle conception, servant toujours de référence aux fabricants actuels, l’arc démontable, ou « take down », composé d’une poignée, et des deux branches interchangeables!Avec de petites différences de fabrication, les branches de presque tous les modèles s’insèrent et se bloquent dans la poignée en position ad-hoc.
Cette particularité permet ainsi une facilité de transport de l’arme, et permet aussi de varier la force et la taille des branches en ne changeant que celles-ci, ou bien en gardant les mêmes branches, mais en mettant une autre poignée qui pourrait mieux convenir.
Un Autre composant essentiel toujours intimement lié à l’arc, est la flèche !
Le bois de cèdre, unique matériau de fabrication des flèches, a dominé jusqu’en 1940 environ.


Un américain, James EASTON , travaillant alors au stade artisanal, est à l’origine d’une énorme avancée technique, en matière de flèches.
Se consacrant à l’amélioration des fûts en bois depuis 1922, l’issue de ses nombreuses expériences, l’amène à se prononcer pour la fabrication de tubes en aluminium, matière légère, résistante et offrant différentes flexibilité selon son épaisseur et son diamètre, et pouvant donc convenir à de nombreuses configurations de puissance et de taille.
En 1946, son fils DOUG, mit définitivement au point le procédé industriel, pour produire ces tubes aluminium en série.
L’uniformité du poids et la flexibilité de ces nouvelles flèches, ont contribué à la précision à l’augmentation du nombre des nouveaux archers.

EASTON est actuellement, le géant mondial de la fabrication de flèches, aluminium, alu/carbone, ou fibre de carbone, récente évolution adoptée par de nombreux tireurs actuels dans le monde.

En 1966, dans le Missouri,H. Wilbur ALLEN ,inventa l’arc à poulies ( surtout destiné à la chasse au début) dans le but d’obtenir une puissance maximale, pour un effort minimal, à un poids maximal de traction. Il s’agit d’un arc muni de deux poulies excentriques(ou cames), situées aux extrémités des deux branches, pour diminuer la force nécessaire à une allonge donnée.


Fondé sur le principe du levier, il permet une réduction de l’effort de traction de 50 à 75%, selon les modèles, assurant ainsi un plus grand confort de tenue en visée, tout en développant une puissance presque double, à celle d’un arc classique moyen.
Ce modèle d’arc à poulies, appelé aussi "compound" ou un peu péjorativement "arc à roulettes", par les adeptes de l’arc classique, offre un versatilité de réglages très intéressante, adaptable à presque toutes les configurations de tir, et de personnes, et autre avantage non négligeable en faveur du « poulies »,il peut rester bandé en permanence, à l’inverse de tout autre modèle d’arc !

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, de nouveaux matérieaux comme le carbone, et certains alliages léger d’aluminium, ont permis de concevoir des flèches plus légères, donc plus rapides, des branches plus performantes dans le temps, des piéces et des accessoires standardisés et interchangeables, permettent de gagner en précision, et en coût !
Sport municipal, dans certaines communes du Nord et de l’Est de la France, la Corée et le Bouthan l’ont adopté comme sport national, et les Japonais disent que le tir à l’arc est le plus noble des arts martiaux !


Loin des huit millions d’archers que comptent les USA, notre pays n’a légalisé la chasse à l’arc qu’en 1995. Toutefois, un réel engouement national pour ce sport pluridisciplinaire, fût constaté, après la médaille d’or décrochée par le français Sébastien FLUTE aux J.O. de Barcelone, en 1992 !!


Souhaitons qu’il y ait d’autres vainqueurs de ce genre, afin que progresse encore, ce beau sport, encore trop peu connu chez nous !